INSPIRATIONS
"La Ligne. Le trait. L'élégance.
La poésie sous toutes ses formes. L'altérité. L'amour.
Paris. Barcelone , mes deux villes d’origine. Et mes « Poèmes d’Autoroute » improvisés et déclamés tout le long
des voyages de mon enfance reliant mes deux pays… Les souvenirs d’école où j’ai parfois résolu ses équations mathématiques selon mes propres règles esthétiques, par calligrammes.
La poétique du quotidien.
La poésie en toute chose.
La présence.
La lumière et le mystère.
De mes années professionnelles dans
le théâtre, j’absorbe l’épure et la précision. De Peter Brook à l’expressionnisme Allemand, une mine de trésors pour mon trait plastique, l'essence, l’immédiateté, les directions, les intentions, le rythme visuel, la concision, l’équilibre entre fond et forme, la fragmentation, ou encore les monologues intérieurs comme autant de comédies et tragédies intimes.
La danse classique a aiguisé mon regard, je retiens les lignes, les courbes et la grâce. Le galbe d’une jambe, la rondeur d’un sein, la ligne d’une épaule, la cambrure d’un pied . La quête d'excellence des enseignements de Marika Besobrasova, étoile des Ballets Russes de Diaghilev et directrice de l'académie Princesse Grace fondée
par SAS la Princesse Grace de Monaco, au charisme magnétique , (Ecole des Ballets de Monte-Carlo).
L’envoûtement des décors de Leon Bakst. Le caractère et le chic absolu
de la danseuse Yvette Chauviré.
La spatialité dans l’œuvre de Rodin.
L’Art Nouveau. Klimt. Gruau. Vaslav Nijinsky, Albert Camus, Georges Pérec, Carl Jung, Sei Shonagon et
sa poétique de la fragmentation.
Tete Montoliu ( 1933-1997) pianiste de Jazz Catalan, de Barcelone, à la carrière internationale, sans oublier Carmina Aymami, sa manager et compagne de vie qui était aussi ma tante.
Saint Augustin, et sa pensée autour de la marche. Le Désir de la marche.
Le Désir.
L’émerveillement. L’amour.
Ses rendez-vous, et ceux, manqués.
L’altérité. L’espoir. La liberté. La solitude.
L’élégance. Celle de ma grand-mère de Barcelone, Carmen née à Buenos Aires. Celle d’Augustine, de qui je portais quelques vestes de velours, satin et brocart de soie vers l’âge de quinze ans, comme pour percer les mystères de cette grand-mère Parisienne.
Mes deux arrières grand-mères,
toutes deux prénommées Rosa .
Les roses comme celles dessinées par Gaudi, Puig i Cadafalch, sur les trottoirs modernistes de Barcelone.
Mon obsession pour les graphismes des sols des trottoirs pavés de lignes et de fleurs comme une poétique de l’asphalte, qui m’hypnotise depuis mon plus jeune âge. Les roses, sur chaque pavé, telles autant de promesses d’éclosion et de liberté, comme celle, promise après la guerre civile Espagnole
Ces fleurs, comme les Roses et les Lavandes que cultivait mon grand-père, pour élaborer ses eaux de Cologne, fraîches et lumineuses, que ma grand-mère vendait et dont il se parfumait.
Comme une thérapie florale, gorgée de joie, d’humour, mêlés de l'air de la Mediterranée et à ceux des opéras italiens, rapportés du Grand Teatro del liceo où il se rendait en Vespa pour célébrer la vie , et oublier les heures sombres du Franquisme, dont les traces imprègnent encore le temps, l’espace, les silences .
Je cherche moi aussi à célébrer la vie
et ses fêlures.
Légèrement grave, ou gravement légère.
C’est une Musique qui me porte.
Tout, est musique.
Qu'elle soit Interieure, plastique, textuelle ou vocale.
Je peins avec mes pinceaux mes mots, et aussi, ma voix.
Quoi que je fasse, où que je sois,
il me faut créer.
Et par la métaphore et la sublimation, préserver la joie, la beauté et l’espérance, en quête d’une poétique de l’intime, d’un émerveillement.
Un dialogue sensible entre l’espace, les lignes et le cœur. "
Clara Breuil
